Kokoro Rounenki … esprit de la vieillesse

Tout à commencé par un souvenir, celui d’un défilé. Des souvenirs, il nous en reste encore, on n’a pas tout oublié. Est-ce quand la vieillesse me rattrapera, je me souviendrai, comme une Paulette ou une Henriette se souviennent de certains moments de leur vie passée ? Aurais-je tout oublié ou des bribes de fils soyeux resteront accrochés à ma mémoire ?

Lorsque j’ai collecté ces récits de vie, chacun et chacune avait la mémoire d’un événement. Et même s’il s’agissait du même, chacune avait des détails bien précis à accoler dessus.

Et là, maintenant que j’essaye de tisser des liens entre les mots, de coudre des boutons où il en manquerait afin que cette étoffe ressemble à ce que nous avons commencé à fabriquer ensemble, mais également pour qu’elle puisse permettre à d’autres de voir avec leurs oreilles ce que nous avons, jour après jour, tricoté dans nos paroles échangées, par le prisme de mes entrailles, maintenant, je me demande, avec tout ce qui tressaille à l’intérieur de moi, comment je vais bien pouvoir tresser tout cela pour le rendre audible aux coeurs qui l’écouteront.

Je commence enfin à dérouler le fil pour en faire une pelote; à détricoter le vêtement afin d’y rajouter des parcelles de mots, des bribes d’univers qui se réchauffent en moi depuis de longs mois. Enfin, je vois le bout de la pelote qui me permettra de retricoter un autre vêtement que nous enfilerons, ensemble le jour du spectacle.

Le souvenir de ce défilé va me permettre de lier tout cela, de donner de l’ampleur aux récits que vous m’avez offerts, aux quelques paroles partagées et bues ensemble. Un élan de vie que ces instants si proches … coeurscoeurs, coeuryeux, coreilles : tout cela en même temps et en un même élan; comme c’est coeurieux  !

Finalement, on passe notre vie, comme dans un grand défilé. On est côte à côte, on se côtoie sans se se voir, on se regarde parfois, mais les yeux restent perdus au loin. Et lorsqu’on se voit, lorsque nos regards se croisent, lorsqu’ils se rapprochent les uns des autres, on fait parfois tout pour ne pas se laisser percer par eux. Carapace immobile. À quoi sert-elle ? À quoi nous sert-elle ? À se protéger de qui ? De quoi, et …jusqu’à quand ? Jusqu’à l’automne de la vie ?

Evatika (Evelyne Delmon-Le Loc’h)

énième jour de recherche intérieure pour le nouveau spectacle Histoires Cousues. 

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